L’IA sur toutes les lèvres

Intelligence artificielle

Plus répandue, plus performante et plus complexe, l’intelligence artificielle continuera son déploiement dans plusieurs domaines en 2025.

En 2025, l’intelligence artificielle n’est plus une vision du futur. Elle s’implante dans nos vies de tous les jours, que ce soit dans la créativité, la santé ou même la lutte aux changements climatiques. L’IA continue d’évoluer à un rythme impressionnant, ouvrant la voie à des innovations aussi fascinantes que déroutantes. Avec ces avancées viennent des questions cruciales: comment en tirer le meilleur tout en restant éthiques et responsables? Comment façonne-t-elle notre société? 

L’IA générative au coeur des industries

Presque deux ans après la sortie de ChatGPT, au Québec c’est maintenant une entreprise sur dix qui intègre l’IA générative à ses opérations ou à l’intention de le faire, selon Statistique Canada. Est-ce que l’on obtient vraiment un gain en productivité? Une étude a été menée en 2023 par le BCG Henderson Institute et des chercheurs universitaires auprès de 750 consultants à travers le monde. Une des conclusions de cette étude est que l’IA générative peut augmenter considérablement les performances sur certaines tâches, mais la fait chuter pour d’autres. Principalement pour résoudre des problèmes complexes.

L’accessibilité de l’IA rend la création de contenu plus facile pour les non-professionnels. Selon l’étude du BCG Henderson Institute, l’utilisation de l’IA générative tend à homogénéiser les idées développées par les salariés qui l’utilisent versus ceux qui ne l’utilisent pas. L’expérience a révélé que les réponses des participants utilisant ChatGPT sont redondantes une fois qu’on les analyse collectivement. C’est précisément ce que l’on voit arriver actuellement sur les réseaux sociaux notamment où le contenu généré par l’IA est très similaire d’une marque à une autre ce qui réduit l’impact souhaité. En 2025, une marque ne peut plus se permettre d’être “beige” et se fondre dans la masse. Les marques doivent captiver en identifiant ce qui importe réellement à son audience, faire preuve d’empathie, saisir les moments clés et ajouter une touche d’humour. Sans mettre de côté complètement l’utilisation de l’IA, il faut en connaître les limites, et elle ne doit pas être adoptée de la même façon pour toutes les tâches.

Selon Kantar Media Reactions 2024, malgré un enthousiasme croissant à l’égard de l’IA générative, la méfiance des consommateurs reste un obstacle alors que 43% d’entre eux affirment ne pas faire confiance aux publicités créées par l’IA. 

En 2025, on prévoit donc un retour vers des campagnes plus authentiques, plus humaines. D’autant plus que l’évolution de l’IA fait en sorte qu’il est maintenant possible d’avoir une voix plus unique en fonction des outils utilisés et de la compréhension des utilisateurs.rices. 

Le référencement à l’ère de l’IA

Selon la société d’études de marché Forrester, nous verrons tripler les budgets liés au SEO (Search Engine Optimization) d’ici la fin 2025 principalement à cause de l’intégration de l’IA dans les moteurs de recherche. Depuis l’intégration en novembre dernier de l’IA dans le moteur de recherche de Google, la manière dont les utilisateurs et les utilisatrices interagissent avec le moteur a changé. Les stratèges SEO doivent s’ajuster également pour maintenir la visibilité des sites sur le moteur de recherche.

Cette nouvelle fonctionnalité oblige les marques à repenser leur stratégie, en mettant davantage l’accent sur des contenus informatifs riches et optimisés pour les recherches de l’IA. 

L’évolution législative par rapport à l’IA

L’utilisation accrue de l’IA générative pose des défis liés aux droits d’auteur et à l’éthique. En effet, les modèles d’IA sont formés d’immenses bases de données qui comprennent des œuvres protégées par droit d’auteur. Même si les modèles ne reproduisent pas directement les œuvres, leur capacité à générer du contenu qui en est inspiré ou qui ressemble aux originaux suffisamment pour se poser la question de la propriété intellectuelle.

Pour les créateurs.rices, un défi de taille s’impose : la reconnaissance de leur apport dans la génération de contenu.  L’IA génère des œuvres en utilisant les données d’un grand nombre de créateurs sans leur donner le crédit ni compensation pour leurs contributions. Cela peut nuire aux artistes qui voient leur travail exploité sans bénéficier d’un retour financier ou d’une reconnaissance. 

Il est de plus en plus important de disposer de lignes directrices éthiques et de méthodes de vérification du contenu. Au Canada, bien que l’on soit un chef de file mondial dans le domaine de l’IA, aucune loi n’a encore vu le jour pour encadrer l’IA bien que les parlementaires fédéraux essaient de voter la loi C-27 comprenant une section sur l’intelligence artificielle. Au Québec, le ministère de la cybersécurité et du numérique a d’ailleurs publier le “ Guide des bonnes pratiques d’utilisation de l’intelligence artificielle générative­” en octobre 2024. Ce n’est pas du tout contraignant mais cela demeure des objectifs vers lesquels tendre.

Au niveau du droit d’auteur, on est dans un flou juridique en ce qui concerne les œuvres générées par l’IA. L’auteur, est-ce l’utilisateur qui a donné les instructions? L’entreprise qui a créé l’algorithme? Rien dans l’univers législatif ne laisse cependant présager qu’une réglementation à ce niveau verra le jour en 2025 au Québec. 

Un autre enjeu se pose au niveau des renseignements personnels. Conformément à la loi 25 au Québec sur la protection des renseignements personnels, un consommateur est censé connaître l’utilisation que l’on fera de ses renseignements personnels. Les entreprises doivent donc obtenir le consentement avant de pouvoir entraîner une IA interne ou trouver une façon de rendre les renseignements anonymes qui peuvent se retrouver dans les jeux de données qui entraînent l’IA. L’amende est très salée pour les entreprises qui ne respecteront pas cette loi! 


Bien qu’en 2025 nous ne pensons pas qu’une nouvelle loi soit finalement votée pour encadrer l’IA au Canada, le débat reste intéressant et nous pensons que le Canada risque de s’inspirer de l’Europe avec la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur l’intelligence artificielle et les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit qui a été adoptée en mai 2024 pour sa propre législation.

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